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Points clés à retenir
- Tailler entre février et mars, jamais en dessous de -4°C à -5°C
- Sur un adulte, retirer 10 à 20 % maximum de la ramure par saison
- Couper en biseau au-dessus d’un bourgeon extérieur, au ras du bourrelet
- Rénover un vieux pommier sur plusieurs années, jamais en une fois
- Scier les grosses branches par en dessous puis par le haut
Pourquoi et quand tailler un pommier
Savoir comment tailler un pommier ne se résume pas à couper les branches qui dépassent. La taille sert d’abord à équilibrer l’arbre, à faire entrer la lumière au cœur de la ramure et à favoriser la fructification. Un pommier livré à lui-même produit du bois, pas des fruits.
La période idéale reste la fin d’hiver, entre février et mars, quand l’arbre est encore au repos mais que les grands froids sont passés. Il faut éviter de tailler en dessous de -4 °C à -5 °C : le bois se fend et cicatrise mal, ce qui ouvre la porte aux maladies.
Il existe aussi une taille en vert, réalisée de mai à septembre. Elle sert surtout à limiter la vigueur de certains rameaux ou à aérer un feuillage trop dense en pleine saison, mais elle ne remplace jamais la taille de fond hivernale.
Ouvrir l’infographie en grandLe matériel indispensable pour tailler
Un sécateur bypass bien affûté suffit pour la majorité des branches, jusqu’à 1,5 cm de diamètre. Au-delà, mieux vaut passer à la scie pliante ou à un sécateur télescopique pour atteindre les branches en hauteur sans échelle bancale.
Je désinfecte toujours mes lames à l’alcool entre deux arbres, surtout si l’un d’eux montre des signes de maladie. Un outil mal affûté écrase les fibres au lieu de trancher net, et une plaie mal coupée cicatrise toujours plus lentement.
Les gestes de base avant de commencer
Avant toute réflexion sur la forme de l’arbre, je commence toujours par le sanitaire. Ça paraît compliqué, ça ne l’est pas : il s’agit simplement d’enlever ce qui ne sert plus à rien.
- Retirer le bois mort, malade ou cassé
- Supprimer les branches qui se croisent ou poussent vers l’intérieur de l’arbre
- Couper les gourmands à leur base, ces pousses verticales et vigoureuses qui épuisent l’arbre sans donner de fruits
Une fois ce nettoyage fait, l’arbre se lit beaucoup plus facilement et les vraies décisions de taille deviennent évidentes.
Tailler un jeune pommier (taille de formation)
Sur un jeune sujet, l’objectif est de construire la charpente qui portera les récoltes pendant des décennies. Je sélectionne un axe central et 3 à 5 branches charpentières bien réparties, avec un angle proche de 45° par rapport au tronc : ni trop dressées, ni trop horizontales.
La tige se coupe généralement à 75 cm du sol, juste au-dessus d’un bourgeon, pour déclencher la ramification à la bonne hauteur. Les charpentières se raccourcissent ensuite chaque hiver pour stimuler l’émission de nouvelles pousses latérales.
La durée de cette phase de formation dépend du type de tige : 1 à 4 ans pour un basse-tige, 3 à 7 ans pour un demi-tige et jusqu’à 5 à 12 ans pour un haute-tige. Dans mon expérience, mieux vaut aller trop doucement que brusquer un jeune arbre.
Tailler un pommier adulte (taille d’entretien)
Sur un arbre en pleine production, la règle change complètement. Il faut se limiter à 10 à 20 % de la ramure retirée par saison, selon Love The Garden. Tailler davantage épuise l’arbre au lieu de l’aider.
Pour visualiser les gestes concrets de coupe sur un pommier adulte, cette vidéo de Rustica détaille bien la technique.
Concrètement, je raccourcis les pousses de l’année juste au-dessus d’un bourgeon orienté vers l’extérieur, souvent autour de 25 cm pour les branches charpentières. Le sécateur ouvert sert de repère de mesure sur le terrain.
L’autre priorité, c’est d’aérer le cœur de l’arbre. Sans lumière au centre, les fruits se forment uniquement en périphérie et la qualité de récolte baisse. Je préfère prévenir plutôt que réparer : mieux vaut éclaircir un peu chaque année que se retrouver avec une ramure impénétrable.
Rénover un vieux pommier négligé
Un pommier laissé à l’abandon depuis des années ne se rattrape jamais en une seule intervention. J’ai testé, voilà ce qui marche : étaler la rénovation sur plusieurs hivers plutôt que tout raser d’un coup.
Pour un arbre de grande taille, une taille tous les 2 à 3 ans suffit largement, contre un passage annuel pour un espalier. La règle générale reste de ne jamais retirer plus d’un tiers du volume des branches en une fois, sous peine de déséquilibrer le rapport entre la ramure et les racines.
La première année, j’élimine les branches basses et mal exposées, ainsi que le bois mort accumulé. Les années suivantes, je raccourcis progressivement les charpentières fatiguées pour relancer la pousse et redonner de la vigueur au centre de l’arbre.
Comment réaliser une coupe correcte
La technique de coupe compte autant que le choix de la branche à retirer. Une coupe mal placée cicatrise mal, pourrit, et fragilise l’arbre pour des années.
- Couper en biseau, juste au-dessus d’un bourgeon orienté vers l’extérieur, pour orienter la nouvelle pousse loin du centre
- Trancher au ras du bourrelet de la branche, sans laisser de chicot qui empêche la cicatrisation
- Pour les grosses branches, scier d’abord par en dessous puis terminer par le haut, afin d’éviter que l’écorce se déchire sous le poids
Sur les branches de plus de quelques centimètres, cette précaution du sciage en deux temps évite bien des blessures inutiles à l’arbre.
Erreurs fréquentes à éviter lors de la taille
La plupart du temps, la cause d’un pommier qui produit mal se trouve dans une taille mal menée les années précédentes. Voici ce que je vois revenir le plus souvent sur le terrain.
- Tailler par gel ou trop tard au printemps, quand la sève circule déjà activement
- Couper trop court ou retirer trop de bois en une seule intervention
- Négliger l’affûtage et la désinfection des outils entre deux arbres
- Oublier l’éclaircissage des fruits : une pomme par bouquet, espacées d’environ 20 cm sur la branche
Je vérifie aussi l’espacement entre les branches conservées, idéalement 30 cm entre deux charpentières, pour que chacune profite de sa propre lumière.
Questions fréquentes
Faut-il mettre du mastic sur les plaies de taille du pommier ?
Pour les petites coupes, ce n’est pas nécessaire, la cicatrisation naturelle suffit. En revanche, sur les grosses plaies issues d’une coupe à la scie, un mastic cicatrisant limite l’entrée des champignons et accélère la fermeture.
Peut-on tailler un pommier en été ?
Oui, la taille en vert entre mai et septembre est possible pour limiter la vigueur de certains rameaux ou aérer le feuillage. Elle reste complémentaire de la taille hivernale, jamais un substitut.
Quelle différence entre taille de formation et taille de fructification ?
La taille de formation construit la charpente d’un jeune arbre sur plusieurs années, avec des coupes assez sévères pour orienter sa croissance. La taille de fructification, ou d’entretien, intervient sur un arbre adulte et se limite à 10 à 20 % de la ramure pour préserver la production de fruits.



