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Teigne du figuier : identification, cycle et traitement naturel

Identifiez la teigne du figuier, comprenez son cycle en deux générations et traitez-la naturellement — le guide terrain complet.

Feuille de figuier repliée avec cocon soyeux de teigne du figuier et chenille verte
Sommaire

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Points clés à retenir

  • Deux générations par an, la deuxième dès mi-juin est la plus nuisible
  • Les dégâts restent souvent superficiels, l’arbre n’est pas affaibli durablement
  • Bacillus thuringiensis en 1 à 2 pulvérisations précoces suffit
  • Les nichoirs à mésanges posés en janvier-février limitent naturellement la population
  • Traiter trop tard est inefficace une fois la chenille protégée dans son cocon

Qu’est-ce que la teigne du figuier

La teigne du figuier est un petit papillon qui pond ses œufs sur les feuilles et les jeunes figues. Son nom scientifique fait débat sur le web francophone : on le trouve sous Choreutis nemorana, mais aussi Eutromula ou Anthophila nemorana selon les sources. Il s’agit du même insecte, la taxonomie a simplement changé de nom au fil des révisions.

L’adulte mesure entre 16 et 20 mm d’envergure selon Wikipédia, ou plus simplement 1 à 1,5 cm selon Gamm Vert. Ses ailes sont brun rougeâtre à ocre, avec des marbrures qui le camouflent bien sur l’écorce du figuier. Ce n’est pas un papillon spectaculaire, on le remarque rarement en vol.

Ce ravageur vient du bassin méditerranéen, avec une présence confirmée aux Canaries, à Madère et en Asie. En France, il se rencontre surtout dans le Sud, mais je le vois aussi de plus en plus dans le Rhône sur les figuiers de jardin, signe que son aire remonte avec les hivers plus doux.

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Cycle de vie et période d’apparition

La teigne du figuier fait plusieurs générations par an, dont le nombre varie selon le climat local. La première apparaît au printemps et s’attaque aux pousses tendres, sans grande conséquence sur la récolte à venir.

La deuxième génération est la plus problématique. Le second vol du papillon démarre vers la seconde semaine de juin d’après le Centre National de Pomologie, et c’est là que les chenilles pondent près des figues encore immatures. C’est cette génération qu’il faut surveiller de près, pas la première.

Ce n’est pas forcément ce qu’on croit : ce n’est pas le papillon qui abîme le figuier, mais la chenille issue de ses œufs, une fois éclose.

Reconnaître les symptômes sur le figuier

Sur le terrain, les signes sont assez caractéristiques une fois qu’on sait les repérer. En pratique, voilà ce que ça donne :

  • Des feuilles pliées ou en dentelle, avec un fin cocon soyeux collé à la surface
  • Des filaments de soie blanchâtres et de petits excréments noirs visibles sur le feuillage
  • Des chenilles vertes pouvant atteindre 20 mm de long, cachées sous les replis de feuilles
  • Des jeunes figues mutilées ou déformées, avec des trous d’entrée bien nets

Pour visualiser ce que donnent ces vers sur feuille puis dans la figue, cette vidéo de Ternoise montre le problème directement sur un figuier du Lot.

La teigne est-elle dangereuse pour le figuier

Dans mon expérience, les dégâts restent le plus souvent superficiels. L’arbre perd quelques feuilles abîmées, mais il n’est pas affaibli durablement, il continue à pousser et à fructifier l’année suivante.

La régulation naturelle joue un rôle important. Les mésanges et certaines guêpes parasites limitent les populations sans qu’il soit nécessaire d’intervenir. Le problème devient réel surtout quand les figues elles-mêmes sont touchées en quantité, ou dans les vergers jamais traités où les populations s’accumulent d’une année sur l’autre.

Comment traiter la teigne du figuier naturellement

Je préfère prévenir plutôt que réparer, mais quand l’attaque est là, plusieurs solutions biologiques existent.

Bacillus thuringiensis et pyrèthre

Le Bacillus thuringiensis (Bt) est la référence en pulvérisation précoce, appliqué dès l’apparition des jeunes chenilles. Le Figaro et Hortiquid recommandent de ne pas dépasser 1 à 2 applications par génération : au-delà, le produit perd en efficacité et n’apporte rien de plus.

Les extraits de pyrèthre peuvent compléter le traitement. Sur les fruits, Rustica indique un délai de 30 à 40 jours avant récolte pour un traitement à base de roténone ou de pyrèthre, un point à respecter si on compte manger les figues.

Nichoirs et nématodes

Poser des nichoirs à mésanges en janvier ou février est l’action préventive la plus rentable selon Rustica : une famille de mésanges consomme environ 500 chenilles par jour. C’est un chiffre qui parle plus qu’un traitement chimique répété chaque année.

Les nématodes, comme les gammes Felti ou Carpo, sont une alternative biologique intéressante. Un attractif à nématodes Carpo se trouve à partir de 16,95 € chez Insect Heroes, un budget raisonnable pour un traitement ciblé.

Pièges à phéromones, une solution complémentaire

Le piège à phéromones attire et capture les mâles adultes par un leurre chimique imitant les phéromones femelles. Il ne traite rien en lui-même, mais il permet de suivre les pics de vol et donc de savoir quand intervenir.

On le positionne dans le jardin dès le printemps, à hauteur du feuillage, et on le laisse en place jusqu’à la fin de l’été. Ça reste un outil de surveillance, pas une solution de traitement massif : ne comptez pas dessus pour réduire seul une forte population.

Prévenir les attaques dans son jardin

La biodiversité reste la meilleure protection contre la teigne du figuier. Favoriser les prédateurs naturels, mésanges en tête, réduit durablement la pression sans aucun produit.

Surveillez l’apparition des jeunes chenilles dès le mois de juin, période clé de la deuxième génération. Et évitez les traitements chimiques inutiles : ils détruisent aussi les auxiliaires qui font le travail à votre place.

Erreurs à éviter face à la teigne du figuier

La première erreur, c’est de traiter trop tard. Une fois la chenille protégée dans son cocon soyeux, aucun produit ne l’atteint plus efficacement, le piège de soie fait écran. J’ai testé, voilà ce qui marche : intervenir dès les premiers signes, pas après.

La deuxième erreur est de confondre la teigne avec d’autres ravageurs du figuier, comme le psylle, la mouche noire ou le chancre. Les symptômes ne sont pas les mêmes et le traitement non plus, mieux vaut identifier correctement avant d’agir.

Enfin, ne sur-traitez pas. La plupart du temps, la cause est là : les dégâts de la teigne du figuier restent limités et un figuier en bonne santé encaisse l’attaque sans séquelle durable.